Aperçu des contenus religieux du programme ECR
Nous présentons et commentons ici quelques extraits du programme du cours « Éthique et culture religieuse », Primaire disponible sur le site web du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport.
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Posture professionnelle
Pour favoriser chez les élèves une réflexion sur des questions éthiques ou une compréhension du phénomène religieux, l’enseignant fait preuve d’un jugement professionnel empreint d’objectivité et d’impartialité. Ainsi, pour ne pas influencer les élèves dans l’élaboration de leur point de vue, il s’abstient de donner le sien. Lorsqu’une opinion émise porte atteinte à la dignité de la personne ou que des actions proposées compromettent le bien commun, l’enseignant intervient en se référant aux finalités du programme.
[...] Ainsi, il permet le développement d’un sens critique qui aide les élèves à comprendre que toutes les opinions n’ont pas la même valeur. Dans ce contexte, l’enseignant n’a pas le monopole des réponses. Il sait utiliser l’art du questionnement pour amener les élèves à apprendre à penser par eux-mêmes.
Commentaire : L’enseignant doit donc s’abstenir de donner son point de vue sur les croyances religieuses afin d’éviter d’influencer les élèves, mais il doit en même temps développer leur sens critique pour qu’ils comprennent que toutes les opinions ou croyances n’ont pas la même valeur. La démarche qui consiste à faire progresser le jugement de l’enfant est pertinente en éthique, mais est inapplicable aux contenus religieux. Comment développer le sens critique face à des contenus relevant de la foi ? Le contenu du volet « culture religieuse » n’est pas approprié à une telle démarche. Déjà des enseignants se disent incapables de répondre à ces attentes. Nous avons des lettres d’enseignants, tant catholiques que sans religion, qui ont l’intention de refuser de dispenser ce cours pour motif de liberté de conscience.
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Compétence 2 : Manifester une compréhension du phénomène religieux
Pour vivre ensemble dans notre société, il est fondamental d’acquérir une compréhension du phénomène religieux. Dans ce programme, on souhaite amener les élèves à en comprendre les diverses expressions, à en saisir la complexité et à en percevoir les dimensions expérientielle, historique, doctrinale, morale, rituelle, littéraire, artistique, sociale ou politique. Le développement de la compétence Manifester une compréhension du phénomène religieux commande le recours à des sources variées et crédibles pour découvrir la signification de différentes expressions du religieux. Elle suppose la capacité d’associer ces expressions à leur religion respective et de percevoir les liens qu’elles peuvent avoir avec divers éléments de l’environnement social et culturel d’ici et d’ailleurs. Manifester une compréhension du phénomène religieux, c’est aussi faire l’examen d’une diversité de façons de penser, d’être et d’agir issues de différents univers, religieux ou autres.
Commentaire : Une telle compétence n’est atteinte que par un très petit nombre d’adultes qui ont décidé de consacrer toute leur vie à la compréhension du phénomène religieux. Comment peut-on raisonnablement penser qu’un tel objectif peut être atteint chez des enfants de 6 ans ?
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4. Contenu en culture religieuse : thèmes, indications pédagogiques et éléments de contenu
Cette section regroupe les thèmes et les éléments de contenu relatifs au volet « culture religieuse » de ce programme. Chacun des thèmes est décrit à l’aide d’indications pédagogiques. Les éléments de contenu présentés sous chaque thème balisent les apprentissages qui sont essentiels pour le développement de la compétence Manifester une compréhension du phénomène religieux.
Prescription
- Tous les thèmes et éléments de contenu qui se rattachent à cette compétence ont un caractère prescriptif pour l’ensemble d’un cycle. Ils doivent être mobilisés par les élèves au sein des situations d’apprentissage et d’évaluation planifiées par l’enseignant. Ils ne doivent pas faire l’objet d’un traitement linéaire ou séquentiel, mais doivent être envisagés en interrelation.
- Les exemples relatifs aux éléments de contenu ne sont pas prescrits.
- Dans l’élaboration des situations d’apprentissage et d’évaluation, l’enseignant doit s’assurer que :
- le christianisme (le catholicisme et le protestantisme) est traité tout au long de chaque année d’un cycle ;
- le judaïsme et les spiritualités des peuples autochtones sont traités à plusieurs reprises, chaque année d’un cycle ;
- l’islam est traité à plusieurs reprises au cours d’un cycle ;
- le bouddhisme est traité à plusieurs reprises au cours d’un cycle ;
- l’hindouisme est traité à plusieurs reprises au cours d’un cycle ;
- d’autres religions pourront être abordées au cours d’un cycle, selon la réalité et les besoins du milieu ;
- les expressions culturelles et celles issues de représentations du monde et de l’être humain qui définissent le sens et la valeur del’expérience humaine en dehors des croyances et des adhésions religieuses sont abordées au cours d’un cycle.
Rappel
Dans ce programme, un regard privilégié est porté sur le patrimoine religieux de notre société. L’importance historique et culturelle du catholicisme et du protestantisme au Québec y est particulièrement soulignée, mais on s’intéresse aussi au judaïsme et aux spiritualités des peuples autochtones, qui ont marqué ce patrimoine, de même qu’à d’autres religions qui contribuent aujourd’hui à la culture québécoise et inspirent différentes manières de penser, d’être et d’agir.
Commentaire : Malgré ce que dit cette énumération, le dernier point est totalement absent du programme. À aucun endroit ne paraît une quelconque approche humaniste à propos des représentations du monde ou de la vie. Les enfants de familles sans religion et ceux actuellement dans le cours de formation morale n’ont aucune place parmi cette longue liste de conceptions surnaturelles de la vie alors qu’on nous avait fait miroiter le contraire.
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Thème
Des récits marquants
Indications pédagogiques
Faire connaître aux élèves des récits de diverses religions et des expressions du religieux qui s’y rattachent.
Prendre appui sur le fait que les récits proposent une façon de comprendre les réalités qui nous entourent pour présenter aux élèves des histoires simples et diversifiées. Tenir compte du fait que ces histoires sont reliées tantôt à des fêtes religieuses ou à des personnages importants, tantôt à des récits de naissance ou à des récits fondateurs. Explorer des repères culturels qui se rattachent à ces récits.
Éléments de contenu Exemples indicatifs
- Des récits qui ont une grande influence
Des récits reliés à des fêtes religieuses :
- les Rois mages et les bergers (c, p, o), Esther (j), les Maccabées (j), le sacrifice d’Ismaël (i), un récit de Diwali (h), etc.
Des récits fondateurs :
- le récit de Noé et du Déluge (c, p, j), le récit d’Abraham (c, p), le récit du castor qui dérobe le feu (sa), le récit d’Aataentsic (sa), le récit de Nanabojo (sa), le récit de Glouskap (sa), le récit de la révélation à Muhammad (i), etc.
Des repères culturels reliés à des récits qui ont une grande influence :
- la galette des rois (c, ae), l’arche de Noé (c, p, j, ae), la colombe (c, p, ae), la branche d’olivier (c, p, ae), l’arc-en-ciel (c, p, ae), la ménorah (j), etc.
- Des récits de personnages importants
Des récits de naissance :
- l’Annonciation (c), la naissance de Jésus (c, p, o), la naissance de Moïse (c, p, j), la naissance de Siddharta Gautama (b), etc.
Des récits de vie :
- David et le géant Goliath (c, p, j), le récit de Joseph (c, p, j), etc.
Des repères culturels reliés à des récits de personnages importants :
- des oeuvres d’art représentant l’Annonciation et la naissance de Jésus (c, p, o), la crèche (c, p,ae), l’arbre de Noël (c, p, ae), des chants de Noël (c, p, ae), etc.
Deuxième cycle du primaire Thème
Des pratiques religieuses en communauté
Indications pédagogiques
Faire découvrir aux élèves les principales caractéristiques des célébrations vécues en communauté et le vocabulaire propre aux réalités religieuses observées.
Prendre appui sur l’exploration de diverses pratiques religieuses adoptées dans différentes communautés pour amener les élèves à reconnaître des aspects importants des célébrations qui y sont vécues, les lieux de culte où elles se déroulent ainsi que des objets et des symboles liés à ces pratiques.
Faire connaître des paroles et des écrits sacrés qui inspirent ces communautés, de même que leurs guides spirituels et leurs façons de prier et de méditer.
Éléments de contenu Exemples indicatifs
- Un temps pour des célébrations
Des cérémonies religieuses hebdomadaires, annuelles ou reliées aux moments importants de la vie du croyant :
- la messe (c), la première communion (c), la confirmation (c, p), le culte du dimanche (p), la communion ou la Sainte Cène (p), l’anniversaire de la Réforme (p), la consécration des enfants (c,p) ou des adultes (p), le mariage (c, p, o, j, i, h, b, ar, ae), les funérailles (c, p, j, i, h, b, sa, ar, ae), le shabbat (j), la pûja (b, h), la prière du vendredi (i), la réunion des Témoins de Jéhovah (ar), etc.
Des moments associés aux célébrations religieuses :
- des jours déterminés dans la semaine (c, p, j, i), des saisons (sa, h, b,), etc.
- Des pratiques de prière et de méditation
La préparation à la prière :
- les ablutions (i, h)
La posture du corps lors de la prière ou de la méditation :
- les postures de prière (c, p, j, i, b, h), la contemplation (c, o, b, h), la danse (sa, h), les postures de yoga (h, ar), etc.
Les objets rituels reliés à la prière ou à la méditation :
- le chapelet (c, o, i, b), un recueil (c, p, o, j, i, h, b), le tallit et les tefillins (j), le tambour (sa), le tapis de prière (i), le moulin à prières (b), etc.
Des pratiques de prière :
- le Notre Père (c, p), la cellule de prière (p), la lecture de la Bible (c,p), Shema Israël (j), des chants incantatoires (sa), des actions de grâce (sa), la Fatiha (i), etc.
Commentaire : Les extraits qui précèdent nous donnent des exemples de contenus véritablement confessionnels. Comment peut-on parler de façon culturelle de pratiques religieuse comme les sacrements, la prière, le culte, ou de croyances religieuses comme l’Annonciation, le récit d’Abraham, la naissance de Bouddha à des enfants de six ans ? Si, par exemple, aborder Pacques de façon confessionnelle consiste à dire « Jésus est ressuscité à Pacques », aborder cette fête de façon culturelle consistera à dire « les chrétiens fêtent la résurrection de Jésus à Pacques ».
Si nous nous fions à la vidéo présentée sur le site du ministère de l’Éducation (« Pour vivre ensemble dans le Québec d’aujourd’hui ») montrant des enfants apportant des signes matériels de leur appartenance religieuse et de leur foi à l’école, on peut légitimement penser qu’il leur sera demandé de présenter un exemple de leurs prières ou de leur pratique religieuse comme l’indique l’élément de contenu précédent. Encore une fois, les enfants sans religion n’ont aucune place dans une telle démonstration de foi.
Voici d’ailleurs ce que dit un avis du Comité sur les affaires religieuses (CAR) à propos des activités religieuses à l’école :
« Rappelons qu’une salle aménagée en lieu de réflexion et de prière, où figurent des symboles appartenant à plusieurs traditions religieuses, constitue un cadre favorable à l’ouverture sur la diversité et respecte la liberté de conscience des élèves ainsi que la neutralité de l’école. » (Laïcité scolaire au Québec, octobre 2006, p. 35)
Une école laïque peut donc aménager des lieux de prière. La terme de neutralité est ici employé en guise de multiconfessionnalité. Dans ce même avis, le CAR affirme également que :
« lorsque des activités [à caractère religieux] sont organisées à la suite de l’initiative d’élèves, elles sont légitimées par le droit de ceux-ci à exprimer leurs convictions religieuses pour autant que ces activités soient conformes à la mission de l’école. [...] Quant aux activités [à caractère religieux] organisées de l’initiative des membres du personnel, elles doivent toujours, dans un contexte de laïcité, être proposées dans une perspective éducative. [...] Dans le respect de ces conditions, des membres du personnel pourraient, dans des circonstances particulières, organiser à l’école des activités à caractère interconfessionnel ou, plus exceptionnellement, à caractère confessionnel. » (idem, p. 36)
Des activités confessionnelles peuvent donc être tenues tant par les élèves que par le personnel enseignant.
Page 72 :
Thème
Des expressions du religieux dans l’environnement du jeune
Indications pédagogiques
Faire prendre conscience aux élèves du patrimoine religieux dans leur milieu et les amener à établir des liens simples entre des repères culturels et la religion à laquelle ceux-ci se rattachent.
Prendre appui sur les nombreuses expressions du religieux dans l’environnement des élèves et dans les médias pour les amener à reconnaître des édifices, des monuments, la toponymie québécoise, des symboles de représentations de l’origine du monde, des oeuvres artistiques et communautaires ainsi que des événements culturels influencés par le religieux.
Éléments de contenu Exemples indicatifs
- Des représentations de l’origine du monde
Des symboles et des images représentant l’origine du monde :
- l’arbre de la connaissance (c, p, j), Aum (h), la tortue (sa), le cercle sacré (sa), etc.
Des récits de l’origine du monde :
- le récit de la Création (c, p, j, i), la création d’Adam et d’Ève (c, p, j, i), le récit du yin et du yang (ar), le récit du crapaud rapporteur de la boue primordiale (sa), etc.
Des repères culturels reliés à des représentations de l’origine du monde :
- la « pomme » d’Adam et d’Ève (ae), Adam et Ève et le jardin d’Eden (c, p), le mandala (b), le yin et le yang (ar), etc.
Commentaire : Non seulement le contenu du cours est multiconfessionnel, mais chaque occasion de présenter une approche naturaliste de la vie est ratée comme dans ce thème portant sur les représentations de l’origine du monde. Seules les visions créationnistes ou surnaturelles sont présentées. Un exemple d’exercice sur ce thème est présenté à la page suivante.
Exemple d’exercice en classe de 3e année
Tiré du reportage
« Éthique et culture religieuse, tout un programme »
Second regard, Radio-Canada, 30 mars 2008
Symboles Religion Lieu Livre Création catholique cathédrale Bible 7 jours judaïsme Torah Israël [?]
rabbinBouddhisme Coran 5-6 prières/jour
ramadan
imamcoupe de cheveux
Commentaire : Aucune place n’est prévue pour la version scientifique ou naturaliste de l’origine de monde. Rien, dans l’entrevue de l’enseignante France Dubois (école Guy-Drummond à Outremont) ni dans celle du conseiller pédagogique Alain Bonenfant (ayant participé à la rédaction du programme), deux des personnes interviewées dans ce reportage, ne permet de penser que l’approche humaniste est abordée non seulement dans cet exercice mais où que ce soit dans le programme. Aucune indication à cet effet ne ressort non plus de la vidéo du ministère mentionnée plus haut.
Conclusion : Le contenu multiconfessionnel de ce cours semble anéantir les efforts faits depuis 30 ans pour assurer le respect de la liberté de conscience de tous les élèves à l’école. De plus, les responsables de ce cours ont fait de la désinformation en affirmant que le programme allait faire une place à l’approche humaniste.
Daniel Baril, Mouvement laïque québécois, avril 2008
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