2002 : Mouvement laïque de langue française
Le Mouvement laïque québécois
décerne son Prix Condorcet 2002 au
Mouvement laïque de langue française (1961-1969)
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| Jacques Mackay | Jacques Godbout |
Montréal, 8 décembre 2002
« C’est avec une grande fierté et avec le sentiment de rendre justice à des précurseurs à qui le Québec d’aujourd’hui doit beaucoup que nous remettons ce matin le prix Condorcet 2002 aux valeureux militants du Mouvement laïque de langue française (MLF) », a déclaré le président actuel du Mouvement laïque québécois (MLQ), monsieur Henri Laberge, devant sympathisants et militants de la première heure réunis à l’Hôtel Gouverneurs Place Dupuis à Montréal. Parmi eux, les deux premiers présidents, le docteur Jacques Mackay (1961-1965) et le cinéaste et écrivain bien connu Jacques Godbout (1965-1969), qui se sont réjouis que quarante ans plus tard on témoigne de l’importance de leur action.
Le lauréat de l’édition 2002 du prix Condorcet du MLQ est pour ainsi dire son ancêtre. Dissolu en 1969, le MLF a en effet le mérite d’avoir été le premier organisme à notamment remettre en question, au début des années 1960, la structure du système de l’éducation. Jusqu’à cette époque qui allait plus tard être désignée comme «La révolution tranquille», la société québécoise est lourdement sclérosée par le clergé catholique qui a des ramifications dans toutes les sphères d’activités.
Président-fondateur, aujourd’hui âgé de 72 ans et toujours actif comme psychiatre au Centre hospitalier Rivière-des-Prairies et comme professeur en psychiatrie à l’Université de Montréal, le Dr Jacques Mackay retient une certaine fierté d’avoir participé à l’évolution de la société québécoise. « Sauf pour le réseau scolaire, on a obtenu très rapidement à peu près tout ce qu’on demandait : l’état civil laïque, le droit d’être enterré sans cérémonie religieuse et le droit au divorce, pour ne nommer que ceux-là. »
>Pour sa part, Jacques Godbout, qui lui a succédé jusqu’en 1969, considère ce Condorcet 2002 attribué au MLF comme l’occasion de réfléchir sur la démarche de laïcisation et sur ce qui unit le MLF et le MLQ. « C’était un sacré programme de faire à l’époque ce qu’on avait imaginé. La laïcité chez les francophones était un concept abstrait et il fallait aussi éviter les attaques des protestants et des anglophones. Aujourd’hui, il faut plutôt s’occuper d’humanisme et éviter de se laisser piéger par la religion comme ceux qui demandent de reconnaître la confessionnalité de leurs écoles. » Puisant dans l’actualité immédiate, il trouve aujourd’hui ironique que l’évêque de Gaspé qui empêchait les jeunes d’aller danser le samedi soir « parce que c’était immoral » veuille, cinquante ans plus tard, « défroquer » parce qu’il veut se marier.
Dans son discours de présentation le président actuel du MLQ, Henri Laberge, a rappelé que c’était dans un climat d’un cléricalisme étouffant et n’ayant guère accepté jusque là de véritables remises en question que naissait, en avril 1961, le MLF. « Le but déclaré de ce groupe de pression était d’ouvrir la société québécoise à la diversité culturelle et de permettre au réseau scolaire francophone d’intégrer des ressortissants non catholiques, qu’ils soient protestants, juifs, agnostiques ou athées. Le MLF voulait aussi supprimer, dans les institutions juridiques, toutes références discriminatoire à l’endroit des non catholiques ou des non chrétiens, notamment en matière de prestation de serment. »
Il a témoigné que le MLF aura très largement contribué à l’assainissement du climat politique et social de l’époque. « Les autres mouvements avec lesquels il a été en contact lui doivent beaucoup quant à leurs orientations idéologiques, qu’il s’agisse du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), de la Ligue pour l’intégration scolaire (LIS), du Mouvement national des Québécois (MNQ), de la Ligue des droits et libertés et des centrales syndicales québécoises. »
Institué en 1993, le prix Condorcet du MLQ rend hommage à des personnes ou des organismes qui se sont illustrés pour la défense de la laïcité et de la liberté de conscience au Québec. Parmi les lauréats on retrouve Pierre Bourgault (2001), Jacques Hébert (2000), le Comité des orphelins et orphelines institutionnalisés de Duplessis (1999), Les signataires du Refus Global (1998) et le Dr Henry Morgentaler (1994).
Voir aussi Jacques Godbout et Jacques MacKay reçoivent le prix Condorcet sur le site LCN.
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