Réactions
- Isabelle, de Lasalle
Je suis parent de trois enfants. Deux fréquentent présentement l'école. Un garçon de huit ans (primaire) et une fille de 14 ans (secondaire) et une autre (4 ans) qui fréquentera la maternelle dès septembre. Dès le début des classes pour ma plus vieille il y a de cela 10 ans, je l'avais inscrite dans le cours de morale par choix puisque je voulais moi-même lui donner l'enseignement religieux qui correspondait à mes croyances et non à l'enseignement traditionnel de l'école. Croyant que l'école respecterait mon choix, je n'avais (à ce que je croyais...) aucun soucis à me faire. Mais, j'ai du au moins de quatre à six fois dès sa première année rectifier certaines histoires religieuses qu'elle avait entendu de ses professeurs. Cela m'a déplu au plus haut point puisque d'une enfant sans soucis, elle avait maintenant des notions d'enfer et de paradis qui la déstabilisaient dans son apprentissage. Idem pour mon fils qui vient de terminer sa deuxième année. La neutralité et la liberté dans les écoles... Cela ne devrait pas se passer seulement dans un cadre de cours moral ou religieux, tout le système d'éducation devrait être revu puisque comme je l'expliquais plus haut, les professeurs, même hors des cours d'enseignement moral ou religieux parlent et enseignent des notions religieuses ce qui me met des plus mal à l'aise. En effet, ont-ils seulement une idée des peurs, des craintes et un questionnement que soulèvent leur propos envers de jeunes enfants, permettez-moi d'en douter.
Dans une société qui maintenant on ne peut plus l'ignorer, la diversité des gens, des religions, des façons de vivre sont si différentes, l'école doit s'adapter à ne plus enseigner quoi que ce soit de religieux et redonner les rôles aux parents d'enseigner eux-même leur propre croyance. De ce fait, je crois réellement que dans le cadre d'enseignement moral, un matériel plus adéquat et basé uniquement sur la vie en société devrait être toléré.
Pour l'instant je n'ai d'autre choix que de reprendre, rectifier les propos religieux que mes enfants entendent à l'école mais, je ne me sens plus en confiance devant les affirmations qui nous crient haut et forts que nous disposons du choix de l'enseignement pour nos enfants car de toute évidence, c'est faux.
- Mary Archambeault
Je ne sais pas comment vous aider, étant une grand-mère, mais je voulais vous dire s.v.p. continuez, ç'a m'a pris 40 ans pour parvenir à me libérer juste un petit peu du mal que m'a fait cet enseignement religieux.
Il faut absolument qu'on enseigne dès la maternelle la morale, le respect de soi et des autres, la compassion et l'entraide, ne rien ériger en dogmes, mais susciter la réflexion. C'est le seul moyen de bâtir des adultes libres, capables de prendre leurs responsabilités.
Il y a juste à regarder ce qui se passe dans le monde maintenant sous prétexte de religion pour voir le mal que ça cause.
Si le diable existe, c'est lui qui a inventé les religions...
Ce qui se passe maintenant me rappelle ce qui se passait dans mes jeunes années où le clergé était de mêche avec le gouvernement, j'ai envie de dire complice...
Merci à vous de votre si précieux travail.
- Mélanie Bernatchez, de Montréal
Je suis tombée sur votre site alors voici mon opinion. J'ai 25 ans, étudiante au bac en psychologie, sans enfant, mais cette question de la laïcité à l'école me touche néanmoins puisque je vis dans cette société. Étant originaire d'un petit village du Bas-St-Laurent, je croyais, par sentiment d'infériorité et par naïveté, qu'à la « grande ville », la religion n'envahissait pas l'école. Ma mère avait voulu m'inscrire en morale à l'école primaire de mon village, mais comme j'étais la seule, cela n'a pas été disponible pour moi. Quand j'avais sept ans, la femme qui m'enseignait m'a dit que « le bon dieu pouvait venir me chercher n'importe quand, même durant mon sommeil ». Je ne voulais plus dormir. Finalement, après m'avoir embrouillé la tête avec leurs histoires pendant des années, je me suis fait ma propre opinion de ce que l'on m'avait inculqué au moment où j'étais capable de le faire. Aujourd'hui je suis quelque chose comme agnostique.
Mais donc j'avais tort; je constate que la religion persiste dans les écoles même à la ville, mais elle se cache, se fait plus discrète. Le projet de faire de la spiritualité à l'école, pourquoi donc cette idée ? À la télévision, ils disent qu'il y a de moins en moins d'argent pour l'éducation puis je lis sur votre site que le gouvernement met de l'argent dans la spiritualité. Je ne comprends pas. Ce sont les sectes qui parlent tout le temps de spiritualité. Y a-t-il maintenant des sectes au gouvernement comme il y en avait à Hydro ? Si les jeunes veulent croire en quelque chose, ils ont le droit de décider en quoi. Nous n'avons par contre pas le droit de leur inculquer une croyance à un âge à lequel ils ne sont pas en mesure de se faire un jugement, où ils croient au contraire tout ce qu'on leur dit. Il me paraît évident que l'école est un endroit d'apprentissage et non pas d'endoctrinement d'aucune sorte, même pas d'un endoctrinement qui croit qu'une vie spirituelle est importante. Je vous encourage fortement dans votre combat pour une école laïque.