« Encore une fois on nous propose une réforme qui laisse presque entier le problème à résoudre ». C'est en ces mots que le président du Mouvement laïque québécois, Daniel Baril, a qualifié la réforme annoncée hier par le ministre Legault au sujet de la confessionnalité scolaire.
« Le noeud du problème confessionnel a toujours été l'enseignement religieux au primaire et le ministre a choisi, sur ce point, de maintenir le statu quo, a déploré M. Baril. Ce choix l'obligera à maintenir les clauses dérogatoires, donc à maintenir un système scolaire discriminatoire qui traite différemment les citoyens selon leur appartenance religieuse. C'est ce problème que le rapport Proulx a voulu solutionner en proposant de laïciser les écoles et l'enseignement, mais que le ministre Legault, par manque de courage et de volonté politique, laisse entier. »
Aux yeux du président du MLQ, le document déposé hier manque de cohérence et de consistance. « Le ministre soutient que la religion à l'école doit "favoriser la cohésion, la tolérance et le vivre ensemble", mais refuse de traiter tout le monde sur le même pied ! Les principes qu'il affirme dans une page sont contredits à la page suivante : le maintien des privilèges consentis aux catholiques et des protestants est alors présenté comme un "accommodement raisonnable" et le tour est joué. Le seul argument avancé pour justifier cette position est le désir des parents; mais un tel argument est inacceptable lorsque les droits fondamentaux sont en cause. »
Quant au secondaire, M. Baril ne voit pas pourquoi le programme d'éthique et de culture religieuse devrait être limité aux seuls niveaux 4 et 5. « Pourquoi ne pas étendre ce régime à tout le secondaire ? questionne-t-il. Laisser le soin aux commissions scolaires d'instaurer, en secondaire 1, 2 et 3, leurs propres programmes locaux est insensé, d'autant plus que ces éventuels programmes seront sous la tutelle des héritiers des comités confessionnels. »
La pseudo-déconfessionnalisation des structures semble par ailleurs une entreprise de « maquillage confessionnel ». Ainsi, les comités catholiques et protestants seront remplacés par un même Comité sur les affaires religieuses qui devra consulter les autorités confessionnelles avant de conseiller le ministre de l'Éducation; « c'est du deux dans un » estime le président du MLQ. Le remplacement des sous-ministres confessionnels par un Secrétariat aux affaires religieuses rattaché à la haute direction du Ministère lui apparaît du même acabit.
L'absence de principes directeurs fait dire à Daniel Baril que la réforme proposée est à l'image de la déclaration incohérente présentée en décembre dernier par le ministre Legault et apparaît comme un « salmigondis inconsistant ».
« La seule consolation, conclut M. Baril, c'est que le statu quo au primaire est un moindre mal par rapport à l'école multiconfessionnelle avec laquelle le ministre a jonglé pendant un certain temps. Nous nous réjouissons qu'il n'ait pas abondé dans ce sens. Mais ce que nous réclamons depuis 20 ans, c'est la laïcisation des écoles et de l'enseignement et nous ne nous satisferons pas de ces quelques miettes. »
Information : Mouvement laïque québécois : (514) 985-5840
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