La campagne de souscription visant l'installation d'une plaque commémorative sur la sépulture de Joseph Guibord, soulignant la remise du prix Condorcet 1997 à l'Institut canadien de Montréal, est bien lancée !
Rappelons que le Mouvement laïque québécois a remis, à titre posthume, ce prix à l'Institut canadien pour souligner la lutte qu'il a menée pendant quarante ans, entre 1844 et 1884, pour la défense des libertés publiques au Québec, notamment la liberté de conscience et le développement d'une société libérale et laïque.
Le Mouvement laïque québécois a reçu l'autorisation formelle du cimetière Côte-des-Neiges de procéder à l'installation de la plaque sur le lot où est inhumé le typographe de l'Institut et son épouse, à condition toutefois de défrayer une vieille dette de 350 $ encourue par la famille Guibord.
Rappel des faits
Pourquoi marquer la mémoire de Joseph Guibord? Parce qu'il fut, un peu malgré lui, le centre d'un combat épique entre l'Institut canadien et l'archevêché de Montréal. L'histoire nous apprend que Guibord, décédé en 1869 en possession de son état catholique romain, ne put être inhumé au cimetière catholique Côte-des-Neiges parce que l'absolution était refusée aux membres de l'Institut canadien, que Mgr Bourget avait excommuniés.
Cette excommunication découlait du refus, de la part des dirigeants de l'Institut, de remettre aux autorités religieuses la liste des ouvrages que contenait leur bibliothèque.
S'en suivit une interminable bataille juridique qui ne connut sa conclusion que huit ans après le décès de Guibord. Le Conseil privé de Londres, renversant les décisions de la Cour du Banc de la Reine et de la Cour de révision, rétablit le typographe dans ses droits et força la corporation du cimetière à accueillir la dépouille. Ce qu'elle ne fit pas, on s'en doute, de bon coeur.
La visite de la sépulture de Guibord nous permet de constater qu'elle ne porte actuellement aucune identification. Marqué d'une simple dalle de pierre en état avancé de désintégration, le lot est laissé à l'abandon.
La campagne du MLQ vise à ériger sur cette dalle une pierre tombale qui, d'une part, identifiera les Guibord comme des « figures marquantes de l'Institut canadien », afin de sortir le lot de l'anonymat et redonner aux défunts une sépulture honorable. De plus, la pierre soulignera la remise du prix Condorcet 1997 par l'inscription suivante:
Aux membres de l'Institut canadien de Montréal (1844-1884), le Mouvement laïque québécois décerne, à titre posthume, le Prix Condorcet 1997, pour leur défense notoire de la laïcité.
Voici l'état lamentable de la sépulture de Joseph Guibord, victime de l'oppression cléricale du 19e siècle.
Quelque 400 $ ont été récoltés à date sur un objectif de 1000 $. Tous les membres et amis du MLQ sont invités à contribuer à cette campagne qui marque le rattachement historique de notre combat à celui des Patriotes et qui laissera derrière nous un signe permanent de notre oeuvre. Faites parvenir vos dons au Mouvement laïque, avec la mention « souscription Guibord ».
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