L'incroyante n'était pas... crédible

Par Joseph Aussedat

Le procureur de la Couronne, Me Pierre Garon a abordé les grands questionnements philosophiques de l'humanité en demandant à l'accusée Davida Lecomte: « En vertu de quoi devrait-on vous croire, puisque vous ne croyez pas en Dieu ? » (Elle a dit ne pas croire en la Bible lorsqu'on lui a présentée pour prêter serment.)

(Denis Arcand, La Presse, samedi 21 février 1998)

Cette déclaration lapidaire lors de l'enquête sur la mise en liberté sous caution des participants à une manifestation dans la cour municipale montre à quel point les institutions judiciaires sont encore imprégnées de l'influence de la religion.

Dans le préambule de la charte canadienne des droits et libertés, on affirme: « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit. » En même temps le Canada se fait volontiers le héraut du combat contre les discriminations en tous genres, mais il semble que cela s'arrête à la porte du tribunal.

Dans certains pays, où la laïcité fait partie des moeurs, on prête serment sur l'honneur ou l'on fait une déclaration solennelle plutôt que de jurer sur un livre religieux. Il serait souhaitable que ces pratiques soient adoptées au Québec et au Canada et que cesse la discrimination au nom de la religion.

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