Le Mouvement laïque québécois a présenté un mémoire au Groupe de travail sur la place de la religion à l'école créé l'automne dernier par la ministre Pauline Marois et présidé par Jean-Pierre Proulx.
Le MLQ rappelle dans ce mémoire que les principes de base de la démocratie reconnaissent le droit à la liberté de conscience et à l'égalité des religions. Ces droits doivent se traduire par la séparation des Églises et de l'État, ce qui entraîne logiquement la laïcisation des institutions publiques, notamment de l'école. Le MLQ demande donc au Groupe de travail « d'inviter le gouvernement à jouer son rôle d'autorité civile en se conformant à ces règles démocratiques et à son devoir de neutralité religieuse ».
Le recours à la clause dérogatoire, qui est la négation même de ces principes démocratiques, est dénoncé avec vigueur dans le mémoire. Le retrait de cette clause est présenté comme le seuil minimum de ce qui peut être acceptable dans une pre-mière étape de laïcisation du système scolaire. « Il est inconcevable, lit-on dans le mémoire, de voir l'école publique québécoise s'apprêter à franchir le cap du troisième millénaire en étant handicapée par une clause dérogatoire alors que le Canada se fait le champion international du respect des droits fondamentaux. À nos yeux, le retrait de la clause dérogatoire constitue, et de loin, le principal objectif à atteindre dans l'immédiat afin de démocratiser le système scolaire. Toute réforme qui laisserait en place une telle chose, ou un équivalent juridique, ne serait rien de moins qu'un échec. »
Le recours à cette clause dérogatoire est en fait le résultat d'un concordat dont le Groupe de travail doit avoir le courage de réclamer le démantèlement.
Par ailleurs, le mémoire du MLQ demande qu'aucun contenu religieux, même de nature culturelle, ne soit inclus dans le cours de formation morale tant que les éléments confessionnels demeureront en place. « Malgré ses défauts, ce cours constitue le seul abri dont peuvent bénéficier ceux qui refusent la confessionnalité ou la religion sous toutes ses formes. Y introduire un volet culture religieuse fausserait les objectifs et la raison d'être du cours en plus d'être incompatible avec les méthodes pédagogiques sur lesquelles la formation morale est basée. Un tel volet augmenterait les risques déjà bien réels de récupération idéologique et donnerait le coup de grâce au peu de crédibilité dont dispose encore le cours de morale auprès de la clientèle à qui il est destiné. »
Le MLQ invite le Groupe de travail à poursuivre les réflexions dans le sens des propositions des États généraux de l'éducation qui recommandaient de laïciser le système scolaire, l'école et l'enseignement. Le mémoire peut-être consulté sur le site Internet du MLQ.
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