Y a-t-il une relève pour la laïcité ?

Par Daniel Baril

Chaque année quand vient le temps de préparer l'Assemblée générale, vient également, pour les élus du Mouvement laïque, la question existentielle de leur persévérance au Conseil.

Nous sommes tous convaincus que le MLQ joue un rôle utile et indispensable dans le Québec d'aujourd'hui. Au cours des dernières années, nous avons vu l'appui à la laïcité s'élargir au point que les luttes que nous, et d'autres, avons menées à bout de bras pendant deux décennies ont culminé par un amendement constitutionnel longtemps perçu comme impossible.

Comme chacun le sait, cette lutte pour la laïcisation de l'école publique est loin d'être terminée - il reste à modifier les lois québécoises - et la partie n'est pas gagnée. En dehors de la scène scolaire, d'autres dossiers sont également importants, comme celui du mariage civil (question ayant fait l'objet d'un mémoire cette année), et l'élément fondamental sans lequel il n'y aura jamais de victoire, soit l'obtention d'une déclaration de laïcité dans la Charte ou dans la constitution du Québec. Le Mouvement laïque aura donc toujours une raison d'être.

Mais les héros sont fatigués. La plupart des membres de l'équipe actuelle sont en place depuis au moins cinq ans. En ce qui me concerne, je crois qu'après vingt ans passés à la tête du MLQ, comme président ou comme conseiller, le moment est venu de laisser la place à quelqu'un d'autre.

Le MLQ a en fait besoin d'un apport de sang neuf, d'idées neuves et d'énergie neuve pour continuer à jouer son rôle. Avis à tous ceux et celles qui croient à la liberté de conscience et au maintien d'un organisme voué à sa défense. Le MLQ a besoin de gens présents dans les écoles et les commissions scolaires, de gens qui suivent l'actualité sociale de près et qui peuvent en faire une lecture critique, de gens qui connaissent les communications et les médias, de gens qui observent ce qui se passe au ministère de l'Éducation, de gens prêts à donner leur temps sans compter, de gens prêts à soutenir le mouvement financièrement. Alors que nous célébrons le geste de courage posé par les signataires du Refus global il y a cinquante ans, je leur emprunte le mot de la fin :

« Un magnifique devoir nous incombe : conserver le précieux trésor qui nous échoit. Lui aussi fait partie de la lignée de l'histoire. Que ceux tentés par l'aventure se joignent à nous. »

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