Cet été, je me suis mariée au Palais de justice de Trois-Rivières. Étant athée, je croyais qu'un mariage civil répondrait à mon désir d'avoir une cérémonie complètement libre d'influences religieuses.
Quelle ne fût ma surprise de constater, cinq minutes à peine avant la cérémonie, que sur le mur de la salle de procès, il y avait un immense crucifix, au moins quatre pieds de hauteur directement au-dessus le banc du juré. J'étais étonnée de voir qu'à l'aube de l'an 2000, on laisse toujours des symboles religieux sur les murs des institutions soi-disant séculières. Est-ce que tous les cours du Québec ont encore des crucifix sur les murs? Si personne n'a encore enlevé celui d'une ville de la taille de Trois-Rivières, j'ai peur d'imaginer quelle est la situation dans des communautés plus petites et lointaines.
Le message du crucifix est que la cour ignore ses propres lois, comme celle de la séparation de l'État et de l'Église. En plus, un crucifix au-dessus du banc du juré ne peut avoir d'autre effet que d'imposer une culpabilité et une morale religieuses à ceux qui sont censés juger leurs pairs selon la lettre de la loi. Le crucifix impose une justice oeil pour oeil déterminée par les valeurs personnelles et religieux de chaque membre du jury en les incitant à décider selon « une loi plus haute ».
Comment peut-on tolérer une telle intervention religieuse dans une de nos institutions séculières les plus importantes? Comment peut-on régler la situation pour que la cour respecte la loi?
(Je ne me sens pas avoir le droit d'agir moi-même auprès des fonctionnaires locaux puisque je n'habite pas à Trois-Rivières mais en Nouvelle-Écosse.)
Jennifer Drouin
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