Résumé du mémoire du Mouvement laïque québécois présenté à la Commission parlementaire sur l'éducation analysant le rapport Laïcité et religions

Par Daniel Baril

Selon la lecture que fait le Mouvement laïque québécois (MLQ) du rapport Proulx, ce rapport est loin de proposer une rupture radicale d'avec la situation actuelle et doit être considéré comme un compromis; en maintenant un service d'animation spirituelle à l'école, en instaurant un cours de culture religieuse et en ouvrant les écoles à l'enseignement religieux confessionnel en dehors des heures de classe, le rapport n'assure pas la stricte égalité et la neutralité que l'on est en droit de s'attendre d'une école publique laïque.

Le mouvement d'opposition que les confessionnalistes mènent actuellement contre ce rapport apparaît ainsi comme une guerre d'étiquette et rappelle la guerre des éteignoirs menée au siècle dernier par le clergé ultramontain.

Si le MLQ endosse les recommandations du rapport qui ont pour objectif de poursuivre la laïcisation du système scolaire, il considère toutefois que la proposition visant l'instauration d'un cours de culture religieuse confère à la religion une importance démesurée par rapport à l'importance qu'elle revêt dans la société. Un tel cours risque en outre de devenir le terrain de bataille de groupes religieux qui voudront en prendre le contrôle et constitue ainsi une porte ouverte à la réinsertion de contenus confessionnels dans l'enseignement. Il apparaît alors plus pertinent d'intégrer la question de la culture religieuse et de l'histoire des religions aux cours d'histoire et de sciences humaines.

Par ailleurs, l'enseignement moral, dont la pertinence est remise en question par le retrait de l'enseignement religieux confessionnel, devrait être intégré au cours de formation personnelle et sociale dans le cadre d'une réforme du curriculum qui mérite de révisée.

Le service d'animation spirituelle proposé par le rapport Proulx devrait quant à lui être remplacé par un service laïque d'animation sociale et d'action humanitaire.

L'école multiconfessionnelle

Le mémoire du MLQ rejette également la fausse solution qui consisterait à offrir, dans chaque école, un enseignement religieux à la carte. La multiconfessionnalité provoquerait le morcellement du système scolaire en écoles ethnico-religieuses, livrerait les écoles aux sectes les plus militantes et ne résoudrait pas le problème de l'inégalité de traitement des droits fondamentaux. Une telle proposition s'avère impraticable, non souhaitable et semble ne viser qu'une chose: le maintien des privilèges des catholiques.

Il faut également considérer que la liberté de religion est interprétée comme étant « le droit de croire ce que l'on veut en matière de religion », ce qui inclut l'athéisme. Dans le contexte d'un système multiconfessionnel, il faudrait donc ajouter, à la longue liste de groupes religieux qui voudront avoir leur accès à l'école, d'éventuels mouvements athées qui pourront réclamer un enseignement conforme à leur conviction, voire une école affichant un projet éducatif résolument athée.

Une telle revendication serait juridiquement fondée et démographiquement justifiable. En effet, le deuxième groupe social en importance au Québec est constitué par les incroyants qui représentent entre 15 et 20% de la population et qui sont répartis sur l'ensemble du territoire québécois. Ce groupe est plus important que les protestants qui représentent entre 5 et 6% de la population et qui ont droit à un enseignement conforme à leurs con-victions où qu'ils soient et quel que soit leur nombre.

La laïcité présente donc l'incomparable avantage d'éviter la fragmentation d'un système scolaire conçu en fonction des différentes convictions en matière de religion; elle permet à toute la population de fréquenter, dans la paix et l'harmonie, la même école de village ou de quartier, d'y recevoir les mêmes services et le même traitement de leurs droits fondamentaux.

Pour lire la version intégrale du mémoire

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