Une sélection de ces textes a parue dans le numéro 3 de Cité laïque, revue humaniste du Mouvement laïque québécois
Je me suis inventée un repaire dans les étoiles quand j'étais petite. Je ne connaissais pas les constellations et pourtant je me suis inventée un crochet pas loin de la petite ourse. Cest un bon repaire, on peut se retrouver de l'autre côté de la terre, on peut tout perdre, on peut vieillir, disparaître... Eh bien mon repaire sera toujours là. Quand je regarde mon crochet, je me rappelle du passé et je fais plein de voeux pour l'avenir ! Devant ce ciel profond et froid, je me rends compte à quel point tout est éphémère, fragile et que nous ne sommes pas grand-chose ! Je comprends que certaines personnes ont besoin de croire en un dieu Moi je crois uniquement en cette phrase : Les individus sont des artifices inventés par les gènes pour se reproduire. Eh oui, je crois que nous ne sommes que des animaux un peu plus évolués que les autres et que le but de la vie est la descendance, la suivie de l'information génétique. Nous sommes naturellement programmés pour cela sinon on n'existerait pas. Je trouve dommage que notre vie soit canalisée par des règles d'origine religieuse profondément ancrées en nous qui nous disent souvent « Cela n'est pas bien, ce sont des bêtises, rentre dans le droit chemin » et j'obéis ! Pourquoi ? Je veux être vraie, même si cela me porte souvent préjudice ! Je veux parler sans usages et coutumes ! J'écoute mes émotions comme les animaux. Il n'existe pas seulement l'intelligence pure, il existe aussi l'intelligence émotionnelle Je suis très critique, indépendante. Je me pose beaucoup de questions philosophiques sur la vie et je suis révoltée. Je suis décue de voir que les gens passent après l'argent, le profit, toujours le profit. Le temps, c'est de l'argent, c'est la mal bouffe. On ne prend pas assez le temps pour l'épanouissement culturel, corporel. À bas les tabous sur le sexe. Je veux croire aux autres Le plus important, c'est d'avoir des passions, c'est de vivre avec des personnes que l'on aime, c'est profiter au maximum de ses sens, c'est toujours de rêver et créer, c'est d'avoir des buts, c'est d'écouter les autres, c'est d'apprendre aux autres, c'est d'échanger avec les autres, c'est de prendre des risques, c'est de respecter les autres, c'est de faire confiance aux autres, c'est de respecter la vie, la nature et c'est aussi d'être propriétaire de sa vie, pouvoir mourir comme on le souhaite tout en étant content de notre vie. Je sais que c'est le bordel au dessus mais c'est ce que je pense. À vous de critiquer.
Anne Buisine
Enfant, j'ai été éduqué dans la religion catholique. Du baptème jusqu'à la confirmation en passant par les scouts de france, on peut dire que j'étais déjà assez " aguerri " pour me lancer à l'âge adulte vers cette foi aveugle que certains préfèrent suivre. Même si mes parents m'ont forcé la main pendant mon éducation, l'affaire est aujourd'hui, me semble-t-il, classé sans suite... En effet, attiré par la nature et la solitude, j'ai commencé à comprendre dès l'âge de 14 ans que m'éloigner de la religion allait me sauver puisque y rester serait pour moi " suicidaire " étant donné que la foi religieuse avait déjà quitté mon esprit. Plus tard, à 16 ans, ma soeur ainée me fit découvrir le " Zarathoustra " de Nietzsche; aujourd'hui, à 29 ans, je poursuis une vie philosophique dans la lignée du Cynisme grec, de l'épicurisme, de la philosophie de Marc Aurèle, des philosophes athées des Lumières, de l'existentialisme et de la pensée de Michel Onfray (philosophe Français contemporain). Etre athée c'est vivre tout en sachant combien le vie peut être parfois tragique. Pour moi, la question de la divinité est absurde étant donné que ma perception du réel invalide cette hypothèse. La croyance est une attitude qui fige le doute et qui ne m'aide pas à appréhender une vue objective de l'histoire de l'humanité.
Damien Préault
Je crois qu'il n'y a pas d'être surnaturel qui aurait créé l'univers. Je crois que l'homme a suffisamment d'imagination pour inventer un dieu pour le consoler de la peur de la mort et pour emmerder le reste de l'humanité avec ça.
L'idée d'un dieu obsédé par la sexualité et les pensées intimes de ses créatures me paraît complètement ridicule, mais par contre une invention très compatible avec les jeux de pouvoir des religieux.
Joseph Aussedat
À quelle époque vivons-nous ? Quand on constate avec terreur ou effarement les survivances des croyances religieuses diverses et dépassées, on est en droit de se le demander ! J'ai pour ma part le bonheur de n'avoir jamais crû. Je n'ai pas le souvenir d'avoir douté de la non-existence de Dieu, à aucun moment. La religion vient de la peur de l'homme envers sa propre fin, comme si cette vie-ci ne suffisait pas. Éventuellement, je serais prêt à admettre une petite utilité à la foi, pour remonter les faibles et réconforter ceux qui n'ont rien. Pourtant, l'illusion reste entière et Dieu ne répond pas. Ma propre mère ainsi que mon frère sont " Témoins de Jéhovah ", membres du stupide troupeau " Fin-du-Mondistes ". Quelle déception pour moi ! La communication est impossible, leur abêtissement me navre. Ils expliquent tout par la foi, niant bien sûr la science et finalement l'indépendance de l'homme, comme si leur vie ne leur appartenait pas. Je crois d'ailleurs que ça devient le cas, la secte les a bouffés entièrement et me les a enlevés. Leur candeur dans l'explication de la " Création " ainsi que la négation de toute théorie évolutionniste me frustre, je suis véxé que nous soyons de la même famille. Ils croient à tout, même à l'ancien testament, cette amusante fable mythologique. Ça se gâte avec leur espérance de voir Armaggedon précipiter l'humanité dans le chaos, en n'épargnant qu'eux et leurs semblables, bientôt... En attendant, aucune curiosité intellectuelle ne les anime plus, comme s'il n'y avait rien à découvrir ailleurs que dans la Bible ! Je crois au Big Bang, aux acides aminés comme première forme de vie dans la mer, et aux théories évolutionnistes. Je crois aussi que malgré la foi, refuge immatériel, l'homme avance et grandit dans le temps. Nous participons à ce monde en marche, vers un âge d'or de l'humanité, sans religion s'il-vous-plaît !
Nicolas Slobodskoy
Au départ, j'adresse mes félicitations aux rédacteurs de Cité Laïque pour avoir eu le courage de poser la question de façon claire. Le Mouvement laïque québécois a choisi de limiter ses interventions à militer pour la séparation entre l'Église et l'État pour ne pas aliéner les croyants parmi ses membres qui partagent cette orientation. Je comprends bien que le fond de la question, soit croire ou ne pas croire ait été un tabou jusqu'à maintenant. Notre environnement social imposait une telle stratégie. C'était et c'est peut être encore la meilleure sratégie pour sortir les curés et leurs crucifix des écoles et des autres leux publics. Si tel est le cas, eh bien il faut que le MLQ poursuive son action sans modifier sa position neutre vis à vis de la foi.
Je pense que les résultats de ce sondage voxpop seront extrêmement instructifs pour juger s'il ne serait pas le temps de mettre sur pied une, ou pourquoi pas deux, organisations carrément athées du genre de celles que l'on trouve en France comme la Fédération Nationale de la Libre-pensée (http://librepenseefrance.ouvaton.org/), l'Union rationaliste (http://perso.wanadoo.fr/union-rationaliste/), l'Union des athées (http://atunion.free.fr/index.html) ou l'Association des libres-penseurs de France (http://www.librespenseursdefrance.org/).
Sans aller si loin, il y aura peut être assez d'athées militants parmi les membres du Mouvement laïque québécois (http://www.mlq.qc.ca) et les Brights du Québec (http://brightsquebec.org) pour créer une Association Humaniste genre de celles que l'on trouve en Ontario, au Manitoba, au Sascatchewan, en Alberta et en Colombie Britannique (http://canada.humanists.net). C'est le voeu le plus cher que je formule pour tous les athées du Québec.
Bernard Cloutier
Vivez-vous sans Dieu ? " Cité laïque " lance un appel à tous les " sans dieux ", les invitant à témoigner de leur " incroyance ". Je n'ai pas l'habitude de me lancer publiquement dans de tels débats. Ça me donne des allergies. Déjà que, si on met une majuscule à " dieu ", je sourcille... Pourtant, l'enjeu en vaut la chandelle. J'ai donc décidé de plonger.
Eh oui ! Je suis athée... enfin, c'est plus compliqué que ça, parce que je ne me sens privé de rien, comme le voudrait l'étymologie de l'épithète avec son " a " privatif. Je crois d'ailleurs mieux me décrire comme antithéiste, c'est-à-dire comme une personne qui a acquis la conviction que la croyance en une ou plusieurs divinités, surtout dans le cadre des religions organisées, est l'entrave la plus importante au progrès de l'humanité dans sa substance même, et qu'il s'agit de la combattre. Et au delà de ce refus, je crois nécessaire de lutter pour remplacer éventuellement ces idéologies croyantes et pernicieuses par un cadre de vie plus rationnel, plus justement et plus modestement centré sur une meilleure compréhension de la place de la petite bête humaine sur sa petite planète.
Comment j'en suis arrivé là ? C'est évidemment une longue histoire... que je n'ai jamais racontée, jamais même formulée de façon tant soit peu systématique. C'est un peu long, et peut-être finalement assez banal. Enfin, ça vous apprendra à tendre des perches...
J'ai comme point de départ, à la façon de la majorité des francophones québécois, une famille catholique et pratiquante. Mieux: et mon père et ma mère avaient songé à la vie religieuse, ma mère ayant même séjourné chez les bonnes soeurs de la Providence comme novice. J'ai été élevé en face de l'église paroissiale, au son des cloches appelant quotidiennement à l'angélus et aux vêpres, à la kyrielle des messes chaque dimanche. J'ai été éduqué, programmé chez les bonnes soeurs (de la Providence, bien sûr !) et par la curetaille du Seminarium Minor Sancti Theresi qui me poussait dans la voie de la prêtrise, à laquelle j'ai échappé; pourtant, dans ma classe de Philo II en 1960, 10 de mes 29 confrères finissants optaient pour une soutane ou l'autre... Dans la cocotte minute du petit séminaire, je me débattais entre une foi étouffante, surtout entretenue par le chantage au salut éternel, et la conviction solidement enracinée que les preuves de l'existence du dieu de Thomas d'Aquin n'étaient que de la foutaise.
J'ai passé presque toute la décennie 1960 comme étudiant en sciences, navigant de la biologie générale à la neurophysiologie. Le climat de la décennie, mais sans doute autant la rigueur scientifique progressivement acquise, m'ont d'abord éloigné de la pratique religieuse: je me souviens encore vivement de l'extraordinaire sensation de liberté et de légèreté, ce jour où j'ai enfin décidé de ne plus mettre les pieds dans une église. Mais ça ne suffisait pas.
En 1969, je quittais le grand phallus ivoire du Mont Royal pour participer à la fondation de l'UQAM, qu'on voulait " populaire, urbaine et démocratique ". Dans quelle magnifique salade je me suis alors trouvé ! C'était d'abord un bout de rêve puisque je voyais se concrétiser, à l'encontre de l'autorité institutionnelle, des aspirations démocratiques auxquelles j'avais contribué au sein d'un premier comité conjoint faculté-étudiants, en 63-64. C'était prendre en mains et construire des bouts d'avenir, dans la découverte et l'exercice du pouvoir politique par les professeurs et les étudiants, dans la construction du syndicalisme universitaire, dans la rencontre du matérialisme dialectique, dans une meilleure compréhension des approches systémiques en biologie, dans une longue collaboration à la formation syndicale en santé au travail -magnifique travail de démystification-, et surtout peut-être dans la confrontation avec (encore !) des courants idéologiques dominateurs, cette fois ceux des marxistes-léninistes.
Les quelques lectures que je faisais sur l'histoire et les fondements du socialisme m'ont conforté dans l'extension que j'avais entamée de mon approche matérialiste scientifique hors du domaine de la science. Je n'acceptais pas la schizophrénie qui veut qu'il y ait un mode de raisonnement logique, scientifique, pour les choses " matérielles " et une soumission à des " faits " impossibles, à des théories irrationnelles en matière dite " spirituelle ". La confrontation avec l'oppression vécue par et émanant des M-L m'a aussi conforté dans mon rejet du carcan des systèmes idéologiques. J'arrivais à cette conviction commune à bien des athées, à cette compréhension que l'invention des dieux, si elle avait servi d'explication pré-rationnelle du monde, avait été vite récupérée par des castes dominantes et ne servait plus qu'à asseoir leur pouvoir, leur domination sur les autres qu'ils maintenaient, cyniquement ou naïvement, dans un asservissement crédule. Ça vous déclenche une belle réaction de rejet !
Aujourd'hui, je ne peux pas me satisfaire d'un athéisme par abstention, du genre " les dieux n'existent pas et je m'en fous ". Je ne peux pas non plus militer dans un mouvement qui ne se dit que laïque: c'est à mon sens une attitude qui a des relents de rectitude politique, cette forme d'humanisme pleutre et un peu béat qui accepte toutes les sauces au nom d'une prétendue égalité de droit... ce qui inclut malheureusement une espèce de droit à la connerie que je trouve indigeste. Je ne peux pas me battre pour la simple séparation des églises et de l'État quand je perçois toute église comme une imposture et un viol de l'esprit. Je ne peux pas me définir simplement comme un athée, je suis plutôt un antithéiste qui se révolte à chaque prêche d'un curé, d'un rabbin, d'un mollah ou de n'importe quel porte-parole de quelque croyance que ce soit. Les crucifix, les hidjab, les kippa, les autres grigris du genre sont à mes yeux des manifestations de soumission crédule à un asservissement cognitif entretenu par des imposteurs. Et ça me donne des boutons. (Eh oui, je fréquente régulièrement les antihistaminiques...)
Joindre le camp de ceux qui se proclament des " brights" ? Non merci. Que les homosexuels et lesbiennes se soient nommés des " gais ", je veux bien. Les non gais ne se sont pas vu camper comme des " tristes " pour autant, et de toute façon ça n'avait pas de sens et donc rien d'insultant. Les " gais " avaient des droits à faire valoir, et ils ont fait un bon bout de chemin. Mais s'arroger le titre de " bright ", ça a objectivement un côté arrogant: ça implique que " les autres " ne le sont pas, donc qu'ils sont un peu cons, et je ne marche pas. Je ne suis d'ailleurs pas convaincu d'avoir besoin d'une association pour faire reconnaître des " droits " qui découleraient de mon rejet des dieux et des religions. Il serait à mes yeux plus utile de contribuer à déboulonner les croyances elles-mêmes. C'est bien autre chose.
Comment vit-on une marginalité antithéiste ? Pas toujours bien. Je ne vais pas " prêcher " à mon tour mon propre positionnement: il est trop facilement perçu et dénoncé (l'argument est facile...) comme une autre idéologie et je n'ai vraiment pas l'âme d'un missionnaire. Alors, quand l'occasion s'y prête, on y va d'un bout d'analyse avec celui qui veut bien entendre, en espérant que ça fera cheminer. Mais la plupart du temps, on peste en silence, on devient encore plus cynique. Il y a des moments simplement assommants, comme la période de Noël, cette fumeuse récupération chrétienne des célébrations du solstice d'hiver, magnifiquement doublée à son tour par le merveilleux monde du marché et du commerce. Vous voyez d'ici les pupilles en point d'interrogation quand vous tentez de souhaiter " Bon solstice " à votre entourage ? -pourtant il y a de quoi se réjouir quand enfin les journées cessent de raccourcir et que, malgré l'hiver débutant, on voit que le soleil va bientôt (bon, faut un peu de patience...) nous réchauffer la couenne. Mais ça, c'est des broutilles. Pas facile, au moment où meurt un enfant, face à celui qui se révolte en demandant quel est le bon dieu de sens de la vie, de répondre qu'elle n'en a pas, ou qu'elle n'a que le sens qu'on veut bien lui donner en attendant de crever à son tour. C'est beaucoup plus facile pour la plupart des humains de croire en un dieu qui assume tout, quitte à se payer une petite révolte de temps en temps...
Je suis arrivé à l'antithéisme par une lente et pénible déprogrammation. Je me suis progressivement construit un cadre de vie simple, peut-être simpliste, rejetant ces formes d'humanisme qui placent l'homme au centre ou, pire, à l'oméga de la vie sur terre. Il s'agit de se construire un cadre fondé sur une perception de la petite bestiole humaine intégrée (ou plutôt à intégrer) aux composantes de sa planète. Avec la modestie qui s'impose quand on constate que notre machine pensante n'est après tout que trois petites livres de matière neuronique, branchées sur des capteurs sensoriels bien partiaux et partiels face à l'univers complexe qui nous entoure... et nous échappe majestueusement. Et quand on accepte aussi que les théorisations qui en jaillissent sont d'une belle fragilité, sujettes à la confrontation à de nouvelles découvertes ou inventions, à la mise au rancart lors de l'émergence de nouveaux paradigmes. Quelque part, j'imagine que je navigue dans une espèce de néo-rationalisme systémique mais modeste...
Il ne peut pas y avoir de place pour des divinités ni pour des religions dans une pareille re-construction du monde. Et j'aspire à les voir disparaître progressivement du conscient collectif. Je me console parfois en me disant que, par exemple chez les francophones québécois, la programmation religieuse n'est plus ce qu'elle était et que l'indifférence face à l'idée d'un dieu est un pas significatif vers la libération des esprits: la gangue religieuse s'est un peu dissoute, et c'est toujours ça de pris. Mais alors, devant le rabâchage des sentences papales et pontificales, face à la prégnance engluante des sectes, face à la colossale et impériale bondieuserie étasunienne, face à la formidable manipulation islamiste et à toutes les manifestations de crédulité irrationnelle, eh bien, faute de mieux, j'y vais parfois d'une magnifique bordée de sacres bien québécois, oui, je " vide l'autel " avec les plus beaux blasphèmes que je puisse imaginer, et je m'en délecte. Christ, que ça fait du bien ! Et là, vous le sentez, je me retiens.
Mais si je peste ainsi, c'est bien que parfois je désespère, que j'ai la trouille pour nous autres petits humains et pour notre petite planète... Eh oui ! pour la planète aussi. Non mais il ne va pas nous faire le coup de relier dieu, religion et la planète ? Mais oui, même si c'est ça ne semble pas relié au premier abord. Car enfin qui donc nous a mis dans la tête cette idée qu'il nous fallait dominer et à soumettre la terre ? Eh bien l'invitation a été mise, par l'auteur de la Genèse, dans la bouche même du dieu des juifs et des chrétiens. Jolie perspective... car à force de dominer, on ne finit que par détruire, et c'est bien parti. Dites merci à votre bon dieu... Et vous voudriez que je ne réagisse pas ?
Voilà, c'est assez. Ce que je suis bavard, à la fin... Ben vous l'aurez voulu, non ?
Luc Desnoyers
Alors que je marchais avec une collègue de travail, nous parlions de religion, de croyance et de ce qui se passe dans le monde en ce moment.
La réaction qu'elle a eu quand je lui ai dit que j'étais athée m'a ébranlé. Elle n'a rien dit pendant plusieurs minutes, sentant très clairement qu'une dualité se faisait dans son esprit. Puis, elle m'a pondu ceci: Pourtant, tu es un gars correct, un gars aimable avec les gens. Tu n'es pas un démon.
Ça été à mon tour d'être bouche bée. Je ne pensais pas, qu'en 2005, je serais classifié de démon parce que je ne crois pas en Dieu. Alors, je me suis dit que certaines personnes devaient être encore placées dans un carcan solide de la religion et de leurs incroyables dogmes.
Steve Plourde
En tant qu'athée, je ne vois pas Dieu en terme de concept ou de philosophie. Je suis un « vrai » athée. Je considère l'idée de Dieu comme une ERREUR, un poids qui détourne l'homme de sa vraie nature. Quel est cette nature ? me direz-vous. Et bien je vais vous répondre, mais ça va faire mal à votre égo : L'homme est un animal. Comment oser insulter l'homme en le traitant de de vulguère animal ? Eh bien je ne considère pas l'homme comme un être supérieur ou inférieur aux autres êtres vivants de cette planète. À partir de là, ce ne peut pas être une insulte. Bien sur, dire alors qu'il faudrait se comporter comme des animaux, exemple : les singes, c'est une abération, un singe n'est pas un homme, un chien n'est pas une araignée etc.... Ce poids (Dieu) lui fait croire qu'il est le seul être vivant à pouvoir accéder à l'éternité, qu'il est donc un Dieu vivant, il se croit supérieur à tout et détruit tout ce qui l'empêche de faire ce qu'il a envie sans remords puisqu'il pense être éternel. Ce poids fait penser que la terre appartient à l'homme et qu'il peut jouer avec elle tel un Dieu (ex : les OGM), mais l'homme ne fait que passer, tout comme les dinosores sont passés et tant d'espèces avant nous. Et s'il traite mal son environnement sa vie n'en sera que racourcie, car il en dépend. De plus cette idée de Dieu me paraît négative dans nos vies de tous les jours car elle fausse la « réallité » de nos vies, et cela pousse des gens à consacrer leurs vies pour un Dieu et une éternité hypothétiques alors qu'ils pourraient vivre pleinement leur propre vie. Et vivre vraiment sa vie pour soi n'est pas contradictoire avec l'altruisme. Exemple : le bouddhisme. Le Bouddhisme est une philosophie, PAS une religion. Bouddha (qui signifie : l'Éveillé), de son vrai nom : Siddhattha, n'était pas un Dieu, ni un fils de Dieu ou un prophète. Mais un professeur. Les gens pensent que le bouddhisme est une religion et bien NON ce n'est pas une religion. Il n'y a pas de Dieu, ni de divination, ni de glorification. Mais l'histoire montre que l'homme aime les religions. Il a donc fabriqué une « religion Bouddhiste » en construisant des temples en son nom, des statues de lui, et en priant pour lui, etc. J'ai 31 ans, et cela fait 1 an que je me sens vraiement athée. Pendant longtemps j'étais sans opinion malgré une éducation catholique. Le " retour " de la pensée religieuse du 21eme siècle m'a poussé à me poser des questions et j'ai trouvé les réponses dans le Bouddhisme, Darwinisme et l'astrophysique.
David Roudaut
Je me suis réveillé un matin, et puis j'avais perdu la foi. J'étais incapable de prier. Un jour, lors d'une discussion, j'ai eu une ''révélation'' de la part d'un jeune chrétien baptiste: -moi, disait-il, je me suis rendu compte que mon père n'était pas parfait. Mon ''Père Céleste'' est mort, une fois pour toutes. L'athéisme est difficile, et plus d'uns y échouent, disait le philosophe André-Comte Sponville, dans son livre intitulé Traité du désespoir et de la béatitude. Cet ouvrage m'a amené à m'intéresser de près à l'enseignement du bouddhisme originel, le Theravada. À l'origine, le bouddhisme était une philosophie sans dieux ni âme, c'est par la suite qu'il est devenu une religion, en particulier dans les pays du nord comme le Tibet, la Chine et le Japon. J'invite tous ceux qui lisent ce message à se renseigner de près sur cette belle sagesse deux fois millénaire.
Si Dieu existe, la vie n'a pas de sens; Dieu est l'ennemi du bonheur.
Nicholas Sourdif
J'ai longtemps prié dans mon enfance, parce qu'on me l'avait appris dans la même classe où on m'initiait aux maths et à la géographie. Comment faire la distinction ? À l'âge de douze ans, j'ai pû m'affranchir de l'autorité paternelle et ne plus participer à des rituels religieux qui m'ennnuyaient plus que la pluie.
Je ne crois pas en dieu ni aucun prophète, le doute sur l'après-vie et la recherche philosophique et scientifique sur les motivations de l'existence m'apparaissent plus porteurs d'espoir que toutes les explications théologiques. J'aime douter, les questions animent mon esprit et j'aime réfléchir.
Je n'ai jamais cru bon m'affranchir officiellement de l'Église catolique qui m'a baptisé avant même que je ne prononce un seul mot. Mais le 11 septembre et l'envahissement de la place publique par les imams et les évêques m'oblige à prendre position. Je voudrais être débaptisé, simplement pour qu'on ne me compatibilise jamais plus comme croyant et que ces gens ne parlent surtout plus jamais en mon nom. Je suis en désaccord avec la plupart des positions publiques de l'Église catholique, notamment sur l'avortement et le mariage implicitement relié à la procréation.
Je sais cependant que c'est très compliqué, mais je pense qu'il serait impératif, non pas de faire la demande au Vatican, mais opposer de nous même une autre liste de tous ceux qui ont été utilisés par Rome et qui veulent rectifier le compte.
Luc Proulx
Sans religion , je sais ! Mais je ne sais si je suis incroyant ou croyant car je ne sais s'il existe ou si il n'existe pas de Dieu (ou autre ). Je préfère dire que je ne suis pas au courant et que je n'ai jamais été contacté par un Dieu ou autre ... C'est donc , s'il existait , qu'il ne juge pas utile de me faire signe ! Alors je vis dans l'espoir d'avoir des envies...Envie d'aimer , de créer, d'apprécier autour de moi la vie dans le respect de l'autre ... et surtout saupoudrer d'humour le quotidien !
Jean-Claude Gadois
Je crois que la matière est énergie aussi.
La vague se dissoud dans l'océan.
Moi aussi heureusement.
L'idée de continuer à vivre éternellement est une idée d'enfant en santé.
M'endormir ne m'effraie pas.
Fondamentalement Raël est plus vrai que le pape (Vatican). Au moins il s'amuse comme un petit fou...
Je vous félicite pour votre apparition aux Francs Tireurs
Jean-Pierre Daviau
Lorsque quelqu'un me parle d'un Dieu, je lui demande toujours : le Dieu dont tu parles, s'agit-il d'un Dieu personnel ou d'un Dieu impersonnel ? Car il me semble très important au départ de savoir de quoi on parle précisément.
Ce que j'entends par Dieu personnel : un « personnage » assis quelque part sur un nuage dans le ciel avec un grand livre sur ses genoux et qui note tous nos faits et gestes, car un jour nous aurons des comptes à lui rendre parait-il. En fait, ce Dieu dont il est question ici est bien entendu le Dieu de notre culture religieuse. Par contre, le Dieu impersonnel auquel je fais référence plus haut pourrait se traduire comme étant : « Énergie universelle », le grand mouvement de l'univers, le grand Tout. C'est le Dieu de la plupart des scientifiques de notre époque, bien que ce genre de dieu n'est en aucun cas garant d'une entité divine supérieure à qui ou à quoi que ce soit. On s'entend là-dessus !
Dans mon enfance, il existait un petit livre qu'on appelait catéchisme, et dans ce livre on posait des questions et on donnait des réponses toutes faites, des réponses " prêtes-à-penser " pour nous les petits moutons suiveurs que nous étions. Je me souviens très bien de l'une des premières questions qui demandait : Où est Dieu ? Et la réponse était : Dieu est partout. Alors si on part du principe que Dieu est partout, il est sans aucun doute présent dans les cellules de mon organisme, et aussi dans toutes les particules élémentaires qui composent ces cellules (quarks, électrons, neutrons, atomes, etc.). Ce qui revient à dire que ce Dieu serait incarné dans le brassage aléatoire des particules élémentaires du grand mouvement de l'univers.
À partir de cette « r é a l i t é » si c'en est une, force est de constater que Dieu est impersonnel et qu'il serait vain de le chercher quelque part puisqu'il se manifeste dans tous les éléments que nous connaissons. Alors ne cherchons plus Dieu parce que Dieu c'est moi, c'est vous, c'est nous autres et c'est aussi toute la masse énergétique de l'univers. Cela étant, nous n'aurons certes pas de compte à lui rendre parce nous sommes nous-mêmes des dieux (à son image et à sa ressemblance comme il était dit dans le petit livre). Nous sommes donc partie intégrante du grand mouvement de l'univers depuis sa toute première heure, de son origine. Et dans un même soufle, si le monde du vivant tel que nous le connaissons aujourd'hui avait la capacité de s'auto-structurer à partir de ce même univers et sans le support d'une quelconque divinité créatrice qui nous aurait été supérieure, force est alors de reconnaître que nous sommes tous des êtres parfaits de par nature. À n'en pas douter s'il vous plaît !
Donc, pas de compte à rendre à personne sauf à soi-même et à sa collectivité, si réellement nous considérons ne pas agir en harmonie avec ce que nous sommes réellement, c'est-à-dire des dieux parfaits et sans reproche. En fait, les défauts ou les imperfections ça n'existe pas vraiment puisque nous sommes tous corrects ou pertinents dans notre tête, interrogez-vous pour voir. Nous pensons toujours que nos actions sont justifiées et justifiables, et c'est le cas. L'ombre dans le paysage, ce sont des attitudes et des comportements que d'aucuns n'apprécient pas nécessairement, mais ça c'est leurs problèmes à eux. Discours amoral ? Oui et non, dépendamment dans quelle idéologie on crèche.
Benoit Otis
C'est très facile de ne pas croire en dieu. Quand on regarde autour de soi, cette misère humaine.
Guy Belval
La shoah, les guerres, les attentats, 220,000 morts dans un tsunami, et tout autre accident, voir un ami mourrir en lui disant bon voyage, souffrir de la perte d'un pére, d'une mère, le viol, inceste, les vieux qui n'en finissent pas de mourrir, les infirmes, et toutes ces misères connues et inconnues, etc,etc. Comment croire qu'il y a un dieu ?
Francine Pavlowsky
Quand je vois autour de moi tout ce qui se passe dans le monde, en tout cas ce que les médias veulent bien nous en dire, tout ce mal et cette misère faite par une minorité d'individus à une majorité de pauvres et d'indigents, qui n'ont certainement jamais voulu un tel sort, je me dis que le dieu qu'on nous enseigne à croire depuis que nous sommes tout petits, eh bien, c'est de la merde, ça n'existe que dans la tête malade des croyants.
Ce que je sais maintenant, je l'ignorais à l'époque où j'ai fait mon baccalauréat en théologie au Grand Séminaire de Montréal. J'étais comme ces gens qui croient encore à des lubies, des machinations de l'esprit véhiculées par des soi-disant apôtres de la bonne nouvelle (j'ai enlevé sciemment les majuscules car je ne veux plus qu'on m'impose un orthographe suggestif et mensonger). Je ne dis pas ça par esprit de vengeance ou par ressentiment envers ceux qui m'ont si généreusement enseigné les choses de dieu (encore là pas de majuscule). Je ne suis pas frustré non plus. Je ne prends pas parti contre la religion. Mais si j'ai passé par ce chemin et que je suis reconnaissant envers ceux qui m'ont nourri spirituellement cela ne m'empêche pas de rejeter ces choses devenues absurdes pour moi aujourd'hui. Si dieu existe je ne peux pas en parler car pour parler je n'ai que mes catégories humaines, que mon appréhension humaine de la vie. Quiconque en parle doit être vu comme suspect.
J'entends des hommes qui disent que leurs actions sont motivées par dieu. Comme tous les croyants croient que dieu ne peut faire que des actes justes et bons il devient facile d'attribuer à leurs actes une intention sainte. Enfantin. C'est drôle, car dès le moment où l'on cesse de croire à toutes ces absurdités tout s'éclaire. Des écailles nous tombent des yeux et la lumière de la raison pénètre. Dieu (je suis obligé de mettre une majuscule ici car c'est le début de la phrase, je le dis pour ceux qui s'empresserait à me prendre en défaut afin de calmer leur haine) est une création de l'imagination. Tout ce qu'on en a dit depuis des siècles, tous les livres qui en parlent abondamment ne sont que des fantômes. La poésie et le rêve ont plus de réalité que toutes ces sornettes.
Mais dieu est une invention humaine et souvent une maladie mentale. Pour lui on tue des innocents par souci d'économie et vous direz que ce n'est pas de la maladie mentale ?
Ici même au Québec il existe une disparité honteuse entre riches et pauvres, comme dans de nombreux pays dans le monde à l'heure actuelle. Le malade mental imbu de dieu, s'il est riche de biens matériels, dira qu'il a obtenu ce qu'il a grâce à sa foi en dieu mais qu'en définitive ce qui compte le plus est la richesse intérieure. D'ailleurs le riche dit souvent aux pauvres qu'il rencontre sur son chemin, quand il ne peut pas les éliminer, « ce qui compte mon petit c'est la richesse intérieure. Regarde moi j'ai beaucoup de richesses matérielles mais c'est rien à côté de la richesse intérieure », on a presque envie de verser une larme.
Le malade mental imbu de dieu, s'il est pauvre, dira que sa vie de misère n'est que le prix à payer ici-bas pour une éternité de bonheur après la mort. Pauvre toi, tu ne vois donc pas que tu fais le jeu des riches ? Si par malheur le pauvre s'emporte contre l'injustice qu'amène le riche en ce monde, il devra se ressaisir en se tournant vers dieu afin que passe ce dur moment de la vie. « Jouissez, jouissez vous les riches qui en profitez maintenant, dira-t-il, car demain vous brûlerez éternellement en enfer ». Car tout jeune on aura pris soin d'inculquer à ce pauvre qu'il ne faut pas tuer ou se facher contre ses frères même s'ils sont arrogants, méprisants et vils. Les prêtres de ce monde qui se disent hors du monde (quelle absurdité encore) lui diront : « Ne t'en fais pas petit, ils auront leur punition ceux qui te font du mal ici-bas ».
Oui mes frères, dieu est une maladie mentale. Regardez Bush, par exemple, dieu pend à ses lèvres ensanglantées. Il abonde en bonnes paroles rassurantes qu'on a vite fait de décoder en signe de piastre. Il sème la mort en croyant protéger la vie. Trop tard Bush, tu ne peux plus reculer, c'est trop payant. Lâche pas, mon malade mental.
René O. Girard
Pour expliquer un monde difficile à comprendre, on a inventé un Dieu infiniment incompréhensible qui n'ajoute rien au tableau, si ce n'est encore plus de difficultés. Beau progrès !
Armand Daigneault
Début cinquantaine, ayant cessé de croire vers 18 ans. Depuis je suis plus libre, plus heureux, m'étant débarassé de ce voile qui m'avait été imposé et qui me cachait la réalité. Côté morale je considère l'attitude de beaucoup de croyants envers les femmes, les homosexuels et les autres races par exemple comme irrespectueuse.
Jean Ouellette
Il y a de cela des centaines d'années, lorsque j'étais petit au sein d'une famille tranquille dans un quartier tranquille du Montréal des années '60, notre voisin était un athée. C'était un peu comme s'il avait eu 2 têtes, ou trois yeux : ça défiait l'entendement. Et comble d'étonnement, mon père disait de lui que malgré cette tare à peine nommable, le voisin en question était un « bon diable ». Je n'étais bien sûr pas dupe, et si en apparence cet individu pouvait, à l'occasion, être convivial je savais pertinemment bien qu'au fond de lui, intrinsèquement, c'était un être mauvais et abjecte. Comment pouvait-il en être autrement de la part d'une personne qui niait l'évidence et le fondement même de la vie.
C'est sans doute riche notamment de cette information, imbriquée au coeur même de mes neurones que bien des décennies et nombre de désillusions plus tard j'ai moi-même glissé, graduellement, vers l'athéisme, un peu comme avec d'imperceptibles spasmes on s'extraie d'un cocon. Je comprends maintenant d'autant mieux que l'athéisme est un positionnement philosophique qui, fondamentalement, bouleverse, non pas l'athée qui pour sa part s'est simplement délesté de ses croyances, mais le croyant qui, lui-même enchaîné à ses convictions, prend conscience de cette position, pour lui inacceptable. Outre pour des raisons comparatives et à l'intérieur de débats bien précis, je ne m'identifie pas fondamentalement à mon athéisme, pas plus que je ne m'identifie aux « non-croyants en la fée carabosse », ou aux « non-raelliens », ou aux partisans de la terre ronde. Je suis un humain, sans plus, et le jour où tous les humains auront cessé de baser leur vie sur des êtres imaginaires, le mot athée lui-même tombera rapidement en désuétude.
Quant à l'aspect éthique de cette position et pour être moi-même dorénavant le seul juge de bon nombre de mes actes devant la société des hommes, je constate d'expérience que non seulement l'humain peut très bien remplir ce rôle, mais qu'il le fait d'autant plus complètement qu'il n'a plus de faux-fuyant artificiel ou de tierce partie avec qui négocier ses écarts et ses faiblesses.
Vivre sa vie sans dieu et sans diable, c'est la vivre d'autant plus intensément et équitablement avec ses pairs et ses compagnons de fortune sur cette minuscule planète bleue qui tournoie dans un univers énigmatique et en apparence bien indifférent à notre présence.
Claude Deslauriers
L'étiquette « sans-dieux » du Vox Pop convient bien à ma démarche d'exploration du réel. D'autres étiquettes conviendraient sans doute tout autant, telles qu'athée, agnostique, sceptique, rationaliste ou libre penseur. Je suis donc une personne qui a une vision « naturaliste » du monde : je n'ai pas recours au surnaturel dans ma démarche de compréhension de l'univers.
D'ailleurs, les explications surnaturelles n'expliquent rien du tout. Elles postulent des causes abstraites ou " révélées " qu'on ne peut examiner et qui sont sans répercussions physiques. Mais elles peuvent avoir des implications psychologiques importantes. Car nous réagissons à notre interprétation de la réalité. Si cette interprétation n'est pas correcte, nos réactions pourraient avoir des conséquences malheureuses non souhaitées.
Je m'efforce donc de fonder ma vision du monde sur une démarche rationnelle en m'appuyant sur des faits observables et quantifiables. Il est si facile de se tromper dans son interprétation de la réalité qu'on doit souvent la confronter aux faits. Ma vision présente du monde demeure provisoire; elle se modifie à mesure que de nouveaux faits ou arguments probants la remettent en question.
Il me semble avoir toujours vécu ainsi. Pourtant, ce n'est pas le cas. J'ai été éduqué dans la religion catholique. Ce n'est qu'à l'adolescence que j'ai commencé à douter du bien-fondé des religions et de l'idée de Dieu. L'apprentissage de la méthode scientifique a confirmé mes doutes sur les origines mythiques des religions. Celles-ci ne peuvent d'ailleurs soutenir des thèses différentes et être toutes vraies en même temps.
À mon avis, les différences entre athéisme, agnosticisme, et même à la limite déisme, demeurent académiques. En pratique, dans ces trois cas, l'individu vit sans dieu. Dans tous ces cas, il ne pense pas qu'un dieu intervienne dans la vie humaine, parce qu'il n'en a jamais observé les effets. Il agit donc comme si Dieu n'existe pas. Il se sent lui-même pleinement responsable de sa destinée et de celle de la race humaine. Il sait qu'il n'a pas à attendre d'aide autre que celle des autres humains qui partagent cette planète avec lui. Il sait que sa mort sera définitive, comme l'a été celle de tous les humains avant lui.
Je concède que les réactions négatives des croyants diffèrent, parfois substantiellement, vis-à-vis celui qui se dit soit athée (adversaire dangereux), soit agnostique (sympathique sceptique), soit déiste (presque un croyant). Mais, ce n'est là que la perception erronée du croyant. Ces trois groupes gèrent essentiellement leur vie de la même façon, sans dieux.
Louis Dubé
Je suis un athée romantique. Bien que la rationalité me mène directement à l'athéisme (la croyance religieuse m'apparaît irrationnelle), cet aspect de mon athéisme me semble peu signifiant. La consolidation de mon athéisme a consisté dès l'adolescence en une construction personnelle d'une vision du monde et d'un code moral. Ce fut, et ça reste, la plus grande aventure de ma vie. Je suis donc devenu philosophiquement matérialiste (notre planète est le fruit du hasard) et moralement épicurien (vivre pour le plaisir, ce dernier consistant en une vie simple d'intellectuel engagé, comme ce fut le cas pour Épicure). Je suis devenu un chercheur scientifique, un pédagogue et un militant humaniste. Comme ça, j'ai pu mettre du contenu dans cette idée vide qu'est l'athéisme. L'athéisme n'est interessant que si on fait quelque chose avec, que si on y met du contenu positif. Je crois qu'il faut croire, qu'il est bon de croire, qu'il est bon d'être inspiré. Et je crois que ceux qui croient ne pas croire, croient tout autant que les « romantiques ». Mais ce qu'ils croient est d'un mortifiant ennui ...
Claude Braun
| XHTML CSS |