Les partis politiques et la laïcité

Comparateur des positions des partis politiques sur la laïcité à la veille des élections québécoises d’octobre 2018.
Les données suivantes sont tirées soit des sites web des partis politiques soit des réponses que certains ont fournies aux questions que leur a adressées le Mouvement laïque québécois. Certaines positions relèvent aussi d’une politique globale de l’éducation. Les partis sont ici listés par ordre alphabétique.

Coalition Avenir Québec (CAQ)
En date du 22 septembre 2018, seuls la CAQ et QS ont répondu aux questions du MLQ. La CAQ est favorable à l’interdiction du port de signes religieux pour le personnel en position d’autorité, incluant les enseignants. Interdiction au personnel de l’État de porter niqab, tchador ou burqa. Réforme du programme Éthique et culture religieuse et abolition de ce cours au primaire. Adoption d’une véritable loi sur la laïcité de l’État, sans écarter le recours à la clause dérogatoire si nécessaire. Abrogation de la loi 62 sur la neutralité religieuse de l’État. Transfert graduel au réseau public des subventions accordées aux écoles privées et permission à ces écoles de s’intégrer au réseau public avec leur personnel.

Parti conservateur du Québec (PCQ)
Le PCQ n’a pas répondu aux questions du MLQ, ni participé au colloque du MLQ Éducation et laïcité au Québec. Sur son site, le PCQ « s’engage à abolir la Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’État qui ne va pas assez loin et qui est problématique car le concept de « neutralité religieuse » n’est pas assez bien défini. Celle-ci sera remplacée par une Loi sur le respect des religions et la laïcité complète de l’État, qui s’appliquera à l’ensemble des ministères et organismes des secteurs public et parapublic ». Enfin, le PCQ « abolira entièrement le cours d’éthique et culture religieuse (ECR), et remplacera ce cours par un cours d’éducation citoyenne pour mieux préparer les jeunes à la vie adulte ».

Parti libéral du Québec (PLQ)
Le mot laïcité n’apparaît pas sur le site du PLQ. Rien sur le cours Éthique et culture religieuse (ECR), ni sur les écoles privées. Le PLQ n’a pas participé au colloque 2018 du MLQ Éducation et laïcité au Québec ni répondu aux questions adressées sur la laïcité. La seule action du gouvernement libéral dans le domaine a été l’adoption de la loi 62 sur la « neutralité religieuse de l’État » mais elle est contestée en cour à propos de l’obligation d’offrir ou de recevoir un service public à visage découvert, sous prétexte qu’ « un préjudice irréparable sera causé aux femmes musulmanes » qui refuseraient de s’y soumettre.

Parti québécois (PQ)
Le PQ a participé au colloque du MLQ Éducation et laïcité au Québec. Pour le PQ, « La laïcité et l’égalité entre les femmes et les hommes sont des valeurs défendues par le Parti Québécois ». Les interactions avec l’État doivent se faire à visage découvert. Interdiction des signes religieux pour les agents de l’État en position d’autorité. Refus de tout accommodement religieux à la règle du visage découvert dans la prestation et la réception des services publics. Allégement du fardeau imposé aux employeurs dans la recherche d’accommodements religieux.
Sur l’éducation, le PQ se prononce pour la diminution significative et graduelle du financement public des écoles privées, dans un premier mandat, et l’investissement des sommes récupérées dans le système public d’éducation. Le parti veut remplacer le cours Éthique et culture religieuse (ECR) par un cours intitulé Éthique et citoyenneté québécoise.

Parti vert du Québec (PVQ)
À l’article « Laïcité » de sa plate-forme, le PVQ écrit : « Le Parti Vert du Québec appuie la laïcité de nos institutions publiques telles que les écoles, l’Assemblée nationale, les institutions municipales ainsi que celles relevant du gouvernement provincial. Cependant, nous appuyons la liberté de religion des individus et nous sommes fortement opposés à tout projet de loi s’attaquant aux libertés individuelles, y compris la liberté d’afficher notre foi avec des symboles ou vêtements religieux ». Ceci vaut pour « le métier de juge, de procureur de la couronne, de gardien de prison, de policier, d’enseignant, de médecin, d’ingénieur, d’infirmière ou de toute autre profession. Il ne revient pas à l’État d’imposer un code vestimentaire qui va à l’encontre de la Constitution canadienne ».

Québec solidaire (QS)
QS a participé au colloque du MLQ Éducation et laïcité au Québec. QS se prononce pour la laïcité de l’État et des services publics, du système judiciaire et du système d’éducation. Mais, dit QS, « c’est l’État qui est laïque, pas les individus » et le parti « accepte le port de signes religieux par les usagers et les usagères des services offerts par l’État. En ce qui concerne les agents et agentes de l’État, ces derniers peuvent en porter pourvu qu’ils ne servent pas d’instrument de prosélytisme et que le fait de les porter ne constitue pas en soi une rupture avec leur devoir de réserve ». La laïcité est conçue « comme la combinaison de la neutralité des institutions publiques sur le plan des croyances (incluant le scepticisme et l’incroyance) avec la liberté, pour l’individu, d’exprimer ses propres convictions, dans un contexte favorisant l’échange et le dialogue ». Les signes religieux « ne sont pas admis dans les institutions publiques (ex. : le crucifix dans le salon de l’Assemblée nationale), ni les manifestations religieuses lors des activités institutionnelles ». En éducation : il s’agit de mettre fin au financement public des écoles privées, afin de rendre le système d’éducation plus égalitaire et de favoriser la mixité scolaire.